Silent Running

Film de SF américain (1972) de Douglas Trumbull, avec Bruce Dern – 1h30

A la suite d’un désastre écologique sans précédent, les derniers reliquats de la biosphère terrestre ont été transférés à bord de vaisseaux spatiaux en vue d’une réimplantation ultérieure. Parmi les membres de l’équipage du Valley Forge, le botaniste Freeman Lowell consacre toute son énergie à la sauvegarde de ces précieux spécimens. Lorsqu’il apprend que la destruction complète des installations a été ordonnée, il se révolte contre ses coéquipiers, fermement déterminé à poursuivre sa mission…

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Freeman (Bruce Dern) apprend à ses robots à cultiver la terre, ou quand Mr Bricolage rencontre Jardiland.

Encore glorifié pour sa participation précoce (à 26 ans) aux effets spéciaux de 2001, l’odyssée de l’espace, Douglas Trumbull se retrouve à la tête de son propre premier long-métrage, faute d’autres candidats, avec Silent Running quatre ans plus tard. Avec un million de dollars de budget, Bruce Dern en tête d’affiche après d’innombrables seconds rôles, et un porte-avion désaffecté en guise de studio, Trumbull a une liberté totale sur le film distribué par Universal, déjà dépassé par les fulgurants succès du cinéma indépendant de l’époque.

Il en sort un petit classique singulier du cinéma de science-fiction, tourné par l’un de ses artisans les plus visionnaires. Silent Running est d’abord propulsé comme tel par son propos écologique alarmant qui, s’il prend un petit coup de vieux quand Joan Baez pousse la chansonnette, n’en demeure pas moins édifiant. La vision la plus fascinante du film est forcément son écosystème exilé, ces dômes fleuris traversant silencieusement l’espace, dans lesquels le promeneur perçoit Saturne à travers les feuillages. Des dômes pour lesquels se bat le personnage de Bruce Dern dans une attitude frisant parfois la démence, l’acteur portant aisément le film sur ses épaules.

Heureusement parce que le pauvre vieux reste seul sur son vaisseau au bout de vingt minutes de film ! Dès lors, adoptant le rythme en apesanteur du voyage interstellaire, Douglas Trumbull peine à l’accélérer, endormant un peu le spectateur. Si Trumbull pèche en tant que narrateur, il n’empêche que son film, pourvu d’effets spéciaux et d’une direction artistique sidérantes, force le respect en égrainant de petites idées avant-gardistes, avancées par l’ambition que son auteur porte au cinéma (on ne va pas se lancer dans l’évocation du reste de sa carrière et de ses avancées techniques, y en aurait pour des décennies !). Par exemple, l’idée de faire de petits robots absolument non humanoïdes de potentiels protagonistes (et donc les papas d’un certain R2D2). Ce qui amène par ailleurs autant de légèreté que d’angoisse existentielle à un film qui ne peut dissimuler son désespoir. Bref, si Silent Running manque de la vision d’un véritable auteur pour mieux harmoniser ses ambitions, il a cependant celle d’un ingénieur visionnaire qui lui confère une vision du futur si convaincante qu’elle tient bien évidemment la route aujourd’hui.

BASTIEN MARIE

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