Blair Witch

Film d’horreur américain (2016) d’Adam Wingard, avec James Allen McCune, Callie Hernandez et Wes Robinson – 1h29

Une quinzaine d’années après la disparition de sa soeur dans une forêt réputée habitée par une sorcière, James retrouve un segment du documentaire qu’elle tournait là-bas mis en ligne. Il part alors avec des amis à la rencontre du couple qui a retrouvé la vidéo et va les guider dans l’exploration de la forêt…

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Lisa (Callie Hernandez) découvre les sculptures locales qui apparemment provoquent encore un disgracieux écoulement nasal.

Espoirs du cinéma de genre ricain nous ayant laissé sur un The Guest fendard, Adam Wingard et son scénariste Simon Barrett s’en sont allés tourner un film dans les bois de Vancouver sobrement intitulé The Woods. Mais voilà qu’un Comic Con plus tard, leur projet se trouve annoncé sous le titre de Blair Witch, suite directe (en prenant soin de faire l’impasse sur le second volet de 2000) du Projet Blair Witch, le film d’épouvante culte et initiateur du genre found footage signé Daniel Myrick et Eduardo Sanchez.

Sauf que renommer in extremis le film Blair Witch ne sauve en rien la qualité médiocre du bousin. D’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé non plus puisque le film a fait un joli bide au box office. Qu’est-ce qu’Adam Wingard a été faire dans cette galère, avec cette suite tardive aussitôt rattrapée par le néant qui a gagné le found footage depuis ? Fort peu audacieux, Wingard ne s’en tient qu’à une duplication du modèle original. Toutes nouvelles idées (la nature vaudou des sculptures en bois, la temporalité suspendue à une nuit sans fin) restent lettre morte dans un déroulement qui se contente tristement de passer d’un jump scare au suivant. Le film a beau avoir un chouïa plus de gueule que ce qu’on voit d’habitude dans un found footage, le processus de mise en scène reste toujours aussi fastidieux, Wingard commettant en plus la classique bourde de multiplier les cams et les points de vue (caméras subjectives, drones et tout le bordel) amenant à un montage aléatoire et incohérent qui agace le spectateur.

Quant au final du film, que Wingard nous promettait être vingt minutes de terreur pure, il se cale lui aussi sur son modèle, en étant toutefois plus stupide. Car ce que les auteurs de Blair Witch n’ont désespérément pas compris, c’est que Mytrick et Sanchez, au-delà de la nouveauté de leur mise en scène, s’en remettait à la bonne vieille suggestion du genre, laissant l’imagination du spectateur crée sa propre horreur, sa propre sorcière, dans l’ample hors-champ. Ici, Blair Witch prétend être plus sophistiqué et démonstratif pour finalement ne montrer rien de plus et jamais terrifier autant que son modèle. Tourner une suite « traditionnelle » comme l’avait fait Joe Berlinger n’était donc pas une si mauvaise idée pour renouveler ou enrichir le concept. Il ne reste plus qu’à espérer que Wingard se remette de cet échec cuisant avec son adaptation live de Death Note avec Willem Dafoe.

BASTIEN MARIE


Une réflexion sur “Blair Witch

  1. C’était pas terrible, c’est certain… Surtout quand je me dis que la scène la plus effrayante pour moi est en fait une petite blague orchestrée par la fille aux cheveux violets et son copain, qui occupe la place tant enviée du relou de service (cf. quand ils suspendent dans les arbres toutes les mini sculptures faites avec des branches pendant que les autres dorment).

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